Sur la route des gueules noires : Lewarde et le Beffroi de Douai
Il est 8h. Tout le monde est là, frais et dispos, prêt à avaler les kilomètres. Même Marcel a tenu à se joindre à nous pour essayer sa nouvelle monture. Il fera la route avec le groupe, mais laissera les visites aux plus vaillants. L’essentiel est ailleurs : rouler ensemble.
Le départ se fait dans un épais brouillard, typique des plaines du Nord. Direction Lewarde. Deux heures d’autoroute plus tard, sans avoir vraiment aperçu le bleu du ciel, nous arrivons enfin au Centre Historique Minier.
Centre Historique Minier de Lewarde
Le musée est implanté sur le site de l’ancienne fosse Delloye, exploitée de 1931 à 1971 (dans un bassin minier actif, lui, dès le XVIIIᵉ siècle). Aujourd’hui, il s’agit du plus grand musée de la mine en France. Depuis 2012, l’ensemble du bassin minier du Nord–Pas-de-Calais est inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO, reconnaissance d’un territoire façonné par trois siècles d’exploitation charbonnière.
Le soleil finit par percer, mais la température dépasse à peine les 10 degrés. Certains se réfugient à l’espace détente pour une boisson chaude accompagnée de la traditionnelle gaufre du Nord, fourrée à la vanille — petite douceur bienvenue avant la plongée dans l’histoire.
D’autres commencent la découverte des bâtiments :
- la célèbre salle des pendus, où les mineurs suspendaient leurs vêtements au plafond pour les faire sécher,
- la lampisterie,
- les bureaux administratifs reconstitués,
- et les espaces consacrés au travail des femmes et des enfants, eux aussi confrontés à la poussière de charbon.
Sous la grande verrière, d’imposantes machines témoignent de la puissance industrielle nécessaire à l’extraction du charbon. Massives, bruyantes, complexes… elles racontent à elles seules la dureté du métier.
Puis vient la « descente » dans les galeries. Casques jaunes sur la tête, nous restons en réalité au rez-de-chaussée : les 450 mètres de galeries ont été reconstitués à l’identique par d’anciens mineurs. L’illusion est saisissante. L’atmosphère devient oppressante, l’espace se resserre, le plafond s’abaisse… On imagine sans peine la vie des « gueules noires », immortalisées par Émile Zola dans Germinal.
Le guide met en marche certains outils : le vacarme est assourdissant. On comprend vite que « pénible » est un euphémisme.
Impossible aussi d’ignorer le destin des chevaux de mine, descendus au fond par treuil et affectés au transport des wagonnets. Beaucoup ne revoyaient la lumière du jour qu’à la retraite… Une autre facette, souvent méconnue, de cette épopée industrielle.
Au fil du parcours, on mesure également l’évolution des équipements de protection : casques, gants, chaussures renforcées… quasiment inexistants aux débuts de l’exploitation.
Pause gourmande au « Briquet »
À midi, les estomacs se manifestent. Direction le restaurant « Le Briquet » — clin d’œil non pas à l’objet du fumeur (impensable dans une mine !) mais au casse-croûte du mineur.
Marcel, qui a patienté sagement à l’espace détente, nous rejoint pour le déjeuner avant de reprendre la route.
Au menu : spécialités du Nord. Maroilles, boulette d’Avesnes, bière locale… Une cuisine chaleureuse et généreuse, à l’image de la région.
Beffroi de Douai
L’après-midi nous mène à Douai. Petite péripétie à l’arrivée : la police municipale nous bloque l’accès à la cour de l’Hôtel de Ville — des mariages sont en cours. Après quelques échanges et présentation du précieux mail d’autorisation, nous obtenons finalement le droit d’entrer. Non mais !
L’Hôtel de Ville, construit à partir du XIVᵉ siècle et complété jusqu’au XIXᵉ, est un magnifique exemple d’architecture flamande. Nous découvrons la salle du conseil municipal, de style gothique, puis le salon blanc, aujourd’hui salle des mariages.
Puis vient le moment d’attaquer le beffroi. Haut de 61 mètres, classé lui aussi au Patrimoine mondial de l’UNESCO au titre des beffrois de Belgique et de France, il est le symbole des libertés communales. Son carillon compte 62 cloches pour un poids total de 18 tonnes, l’un des plus importants d’Europe.
Nous gravissons « allègrement » les 195 marches — heureusement ponctuées d’étapes explicatives. Notre guide nous raconte l’histoire de la ville et celle de la famille Gayant, ces géants processionnels emblématiques des fêtes douaisiennes.
Arrivés au sommet, la récompense est double :
- une vue panoramique sur la ville et ses environs,
- et une démonstration du carillon, joué au clavier « à coups de poings ». Impressionnant.
Le retour
Il est temps de redescendre et de retrouver nos motos. Le groupe se disperse progressivement, chacun reprenant sa route dans une direction différente.
Embrassades, poignées de main, promesses de prochaines sorties… et déjà l’envie de la prochaine escapade.
Merci à Astrid pour les photos, à vous tous pour votre bonne humeur fidèle, et à très bientôt sur les routes. 🏍️
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