La Balade des Motards Heureux
Le Relais de Guyancourt, à première vue, c'est tranquille. Trop tranquille. Le genre d'endroit où il ne se passe jamais rien… jusqu'à ce que ça arrive.
Vers 9h00, une quinzaine de motos se garent en rang d'oignons — silhouettes d'acier luisant sous un ciel encore froid. Dix-sept motards, des machines pas toutes impeccables, mais chacune avec son histoire. Discipline presque militaire… ou du moins, on fait semblant. Comme dans L'Équipée Sauvage, le film de Laszlo Benedek sorti en 1953 — celui où Marlon Brando et Lee Marvin s'affrontent à moto dans une Amérique qui ne sait pas encore quoi faire de sa jeunesse. Ici, personne ne joue un rôle. Chacun impose le sien. Difficile d'identifier clairement le Brando du groupe… mais l'auteur a sa petite idée.
9h15. Un silence presque religieux s'installe. Le vent est froid, il coupe les visages.
Lee Marvin — Alain pour les intimes — prend la parole. Peu de mots, juste ce qu'il faut. Son briefing est à la hauteur des attentes : virages en cascade, paysages grandioses, et une promesse implicite… beaucoup de poignées dans le coin. En clair : on ouvre en grand, et ceux qui suivent… suivent.
9h30. Les moteurs s'éveillent. Un grondement sourd. Animal. Parmi eux, une BMW K1600 chante différemment — grave, profonde, une machine faite pour les longs rubans d'asphalte. Elle est menée avec aplomb par Mary Murphy — Nadine pour les intimes. Dans le film, Mary Murphy était la seule à tenir tête à Brando. Ici, l'histoire ne dit pas grand-chose de différent.
Deux heures trente à essuyer les virages, à dérouler la route comme si l'on avait quelque chose à prouver — ou à oublier.
12h00. Au bout de nulle part, un restaurant discret : Au Nadeau. Les restaurateurs regardent arriver le groupe comme on regarde un orage. Un motard affamé, ce n'est pas vraiment un client ordinaire. C'est un risque.
Kir, planteur, et les langues se délient. Les voix montent. Les histoires circulent — machines, trajectoires, presque des confidences. Le temps passe. Trop vite.
14h30. Les moteurs reprennent vie. Lee Marvin imprime le rythme : sec, régulier. Devant, ça file. Derrière… ça hésite parfois.
Certains respectent les règles. Les feux. Les priorités. Les lignes blanches. L'équipée sauvage a pris de l'âge — elle a rangé une partie de ses excès. Mais pas tout à fait.
17h30. Arrivée au bar Cheers à Maurepas. D'après les gazettes locales — rubrique faits divers — tout se serait parfaitement déroulé. Alors une question demeure : pourquoi donc cette mauvaise réputation qui nous colle à la peau ?
Sensations. Passion. Convivialité.
Trois mots. Trois vérités. C'est l'esprit du BMW Moto Club d'Île-de-France — un club ouvert à tous les passionnés de la marque et de la route, qui se retrouvent régulièrement pour partager ce que les non-initiés ne comprennent pas toujours : le plaisir simple et entier de rouler ensemble.
Merci à Alain et à Sonia pour avoir tenu la route… et le reste.
Ce compte rendu est signé d'un auteur qui ne voit pas la route comme tout le monde — il la raconte comme un vieux script des années 50 : un peu exagéré, légèrement cabossé, mais vivant.
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