BALADE EN POITOU-CHARENTE
Lever à 3h45, départ à 5h00, 5 degrés au thermomètre. Première journée d'un week-end complet organisé par Marie-Hélène et Denis — avec tout ce qu'une belle aventure collective implique : routes soigneusement choisies, repas mémorables, et quelques imprévus.
05h00
OzoirElicia, Astrid et moi quittons Ozoir sous un ciel encore noir. Mesdames sont en voiture pour ce premier tronçon, ce qui les protège provisoirement des cinq petits degrés ambiants. Ça picote.
Premier arrêt à Créteil pour rejoindre Marcel et Ginou — Marcel est déjà là, comme à l'accoutumé. Stop éclair, puis direction L'Haÿ-les-Roses où Jacques nous attend. Il avait gentiment accepté d'emmener Elicia en passagère jusqu'au point de ralliement, mais notre fille ayant une fâcheuse tendance à s'endormir en moto, nous n'avons pas voulu lui faire porter cette responsabilité. C'est donc Astrid qui a roulé avec Jacques, et Elicia avec moi — et elle a bien piqué du nez, mais elle est arrivée à bon port.
Après un premier plein à Vélizy, cap au sud vers Mauzé-sur-le-Mignon, avec rendez-vous fixé à 11h30. La pluie tant redoutée n'est pas du voyage. En revanche, la brume et le froid, eux, sont bien là. À mi-parcours, sur l'aire de Tours Longue-Vue, Dominique S. reconnaît nos motos et décide spontanément de se joindre à nous pour la suite. Bienvenue dans la troupe.
11h00
Mauzé-sur-le-MignonNous arrivons à la station, à cinq kilomètres du restaurant. En faisant le plein, nous voyons arriver d'autres membres du club qui, en bons petits membres disciplinés, suivent eux aussi les consignes des organisateurs. À 11h25, le groupe est sur le parking. Marie-Hélène et Denis sont déjà là. En moins de quinze minutes, tout le monde est réuni — à l'exception d'Olivier M., victime d'une crevaison sur l'autoroute.
La grande majorité avait fait une bonne partie du trajet la veille et arrive fraîche et dispose pour ce premier repas collectif. Bravo aux organisateurs pour le choix des tables tout au long du week-end : nous nous sommes régalés à chaque fois. Olivier, de son côté, a eu la chance de trouver un garage ouvert en ce jour férié et nous a rejoints vers 14h00. Le restaurateur lui avait gardé son repas au chaud — qu'il a dû engloutir en quelques minutes, le temps que Marie-Hélène et Denis nous fassent le briefing du reste du week-end.
Après-midi Vers la Charente
Merci à Guillaume d'avoir pris Elicia en passagère pour l'après-midi, me permettant de retrouver Astrid derrière moi. Elicia, cette fois, n'a pas dormi — trop occupée à apprendre à se moucher en roulant, gants et casque sur la tête, ses allergies ayant choisi ce week-end pour se réveiller. Elles lui coûteront d'ailleurs la plus belle journée du séjour, en la clouant au lit le lendemain.
Nous repartons sous un beau soleil vers le pont transbordeur d'Échillais, par de petites routes bien agréables. À l'arrivée sur le parking, Marcel et Ginou ont chuté. Le groupe l'a su, je l'ai vu. Plus de peur que de mal dans un premier temps — mais il s'avère rapidement que Marcel ne peut plus poser le pied au sol. La balade s'arrête là pour eux. Marie-Hélène déniche un voisin providentiel, Dominique B., qui prête une chaise à Marcel, accueille nos naufragés en attendant les pompiers et accepte de garder la moto jusqu'au passage de l'assistance, quelques jours plus tard. Un grand merci à lui.
Pendant ce temps, une partie du groupe est allée voir le pont — impressionnant ouvrage métallique qui relie les deux rives de la Charente sans gêner la navigation des cargos. Dernier pont transbordeur encore en fonctionnement en France, il est désormais réservé aux piétons et cycles.
Nous laissons Marcel et Ginou en de bonnes mains et repartons vers Brouage, par des routes à nouveau soigneusement choisies par Denis et Marie-Hélène. Brouage est un ancien port fortifié aujourd'hui dans les terres, concurrent catholique du port huguenot de La Rochelle, et point de départ des navires partant évangéliser et coloniser le Canada. Samuel de Champlain, fondateur de Québec, y serait né vers 1570. Nous y buvons un verre dans un petit café au pied de l'église — moment suspendu dans ce village hors du temps.
Au moment de repartir, Dominique perd l'équilibre et sa moto se couche. Il a chu — tout le groupe ne l'a pas vu, mais moi j'ai su. Aucun dommage, ni physique ni matériel. On reprend la route vers l'hôtel.
Soirée
L'apéro du soir remplace avantageusement la traditionnelle terrasse italienne. Notre Président et Marc en profitent pour présenter les nouveaux produits du club — t-shirts et sweat-shirts soigneusement glissés dans leurs valises, au prix d'un sacrifice consenti par Catherine et Sonia, contraintes de revoir leurs propres bagages à la baisse. Merci à elles.
On dîne à l'hôtel. La table reste longue, dans l'espoir de voir arriver Marcel et Ginou — qui ne rentreront qu'à une heure du matin, Marcel portant une fracture de la malléole.
Il est 23h30. Levés à 3h45. Elicia vient me dire bonsoir et m'annonce qu'elle va fermer la porte communicante pour appeler son copain. Elle n'avait que deux mètres à parcourir. Je n'ai jamais vu cette porte se fermer.
J'ai chu dans mon lit. Je n'ai rien entendu. Je n'ai rien su.
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